Décroissance alimentaire

Sénégal - Avril 2017


Ces instantanés, du printemps 2017, sont le reflet d’une société en pleine mutation d’un pays d’Afrique de l’ouest : le Sénégal, pays de la Teranga, de l’hospitalité et plus particulièrement de la zone côtière atlantique entre la capitale, Dakar, Rufisque et Saint Louis…

Là où notre modèle de développement à travers ses banques, ses sociétés de crédit, à grands coups de publicité, là où notre société de consommation, ou « mondialisation et globalisation » se déchaînent pour prendre, chaque seconde, chaque heure, chaque jour de nouveaux espaces, de nouveaux marchés, arrachant de terre les derniers baobabs, par la même un pan de culture ancestrale les racines mêmes de notre humanité, multipliant à grands pas les parcelles, les lotissements qui n’en finissent pas , livrant ces milliers de petits paysans, à l’exode, à l’urbanisation galopante et parfois même sauvage…

Là où les élus cherchent à développer leurs cités nouvelles, à peine sorties de terre, et à asseoir leur pouvoir, livrant des espaces à nos multinationales de la grande distribution, ou des voies rapides fleurissent en tout lieu, entre les mains de nos entreprises européennes mais surtout chinoises, la ou les productions « Made in China » ont supplanté comme ici et encore plus vite tout ce qui était local…

Croissance à tout va : « Libérer vos envies 5,5 pour cent »…

Ouvriers d’usines au Nord qui produisent nos fruits et légumes de l’hiver alors que demeurent une multitude de petits paysans sans moyens pour irriguer leurs terres, monter leurs petits projets d’élevage ou de culture vivrière : d’un coté 1 200 salariés et l’eau pompée à outrance dans le fleuve sera passée aux UV  et des milliers d’hectares soumis à nos caprices , aux pesticides, au rendement, au profit… et de l’autre des milliers de petits paysans à la merci de la sècheresse, de notre folie …qui , un jour ou l’autre vont quitter leurs terres et s’entasser dans ces villes , devenus urbains et surtout consommateurs… Une vie à crédit …

Ils sont déjà et ils seront demain légion à vivre dans ce décor de béton, de routes, comme nous le sommes, de déchets en tout genre dont personne ne sait que faire, attendant que la saison des pluies délivre tous ces espaces souillés comme jamais, ce terrain de foot devenu décharge à ciel ouvert… ces eaux usées qui stagnent chargées d’immondis, que certains hommes iront déboucher, les mains presque nues…attendant que l’océan déjà bien malade se charge de tout avaler comme si on n’avait rien vu, comme si…

Comme si…  attention DANGER… Lisieux , le 19 juin 2017

 

« Sénégal - Rufisque Nord  |  L'accès à l'eau potable, un problème sans frontière »

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